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2009août 9

Ubiquité digitale

On n'a pas tous les jours l'occasion de se citer. C'était il y a un moment déjà, dans le billet A Small World qui, outre la musique très accessible des Yo La Tengo, présentait un point de vue jugé abscons sur les réseaux sociaux en général et l'ubiquité digitale en particulier.

Pour mémoire :

Asynchrone, quand et d'où je veux, je jouis de mon comportement asymptotique dans un monde d'ubiquité digitale où tout est partout, tour à tour acteur et consommateur d'une cyber-trophallaxie au quotidien.

Forcément, comme ça, sorti de son contexte ça ressemble à un attelage de mots tous aussi compliqués les uns que les autres, sans raison évidente de les associer ou de les conjuguer de la sorte. Et pourtant, le sérieux de ce blog ne pouvant être mis en cause par les lecteurs assidus qui au jour le jour (mois le mois) me suivent dans mes péripéties et autres digressions, sachez que cette phrase a fait l'objet pour moi d'une intense réflexion dans le but évident de la rendre aussi synthétique qu'esthétique. Effort qui aujourd'hui semble nuire au propos que j'essayais de porter, en musique de surcroit. C'est que je me méprend parfois sur ce qu'est l'esthétisme. Ce mot me fait d'ailleurs penser à un autre : centre. Association qui me vient tout droit d'un article que je fomentais d'écrire depuis toujours mais qui, comme certains de mes autres projets, a fini dans l'oubli. Un jour qui sait.

Revenons à LA phrase. Je vais de ce pas vous en expliquer les méandres. Ca sera pour moi l'occasion de formaliser enfin ce qui m'avait alors traversé l'esprit.

Prenons, par exemple, le mot trophallaxie. Voici ce qu'en dit Wikipedia :

La trophallaxie consiste en une régurgitation de la nourriture pré-digérée contenue dans ce dernier afin de nourrir d'autres fourmis. Ce transfert ne concerne pas exclusivement les aliments mais permet également de faire circuler des informations dans la colonie via des messages chimiques (phéromones).

La trophallaxie existe aussi chez l'abeille et la plupart des insectes sociaux.

Édifiant ?! J'avoue avoir eu en tête une définition un peu différente de cette dernière. La dimension sociale et la référence à l'échange d'informations en moins. Affublée du terme cyber, cette trophallaxie du quotidien décrit en somme le processus de remix permanent de l'information sur les réseaux faisant de nous parfois de simples répétiteurs ou rallonges amplifiées d'un rien de commentaires affûtés.

Ainsi, nos informations partagées sont celles du voisin, du parent ou simple personne reliée à moi par le truchement de son feed. Elles vivent et circulent à l'infini, parfois altérées, souvent augmentées mais assurément dans un monde d'ubiquité à l'instar de nous-mêmes, émetteurs pluriels et multi-canal.

D'où ce comportement que je qualifiais d'asymptotique dans la mesure où nos agissements individuellement complexes ont une furieuse tendance au mimétisme. Par construction, la consolidation d'un réseau de connaissance sur les plateformes sociales répond à des exigences similaires à celles qui s'opérèrent au quotidien, dans nos cercles d'amis, de collègues, de coéquipiers ou encore familiaux. Ces réseaux ont des prédispositions à reproduire le réel, avec la froideur du média qui les supporte en plus (ou en moins, tout dépend de où l'on se place) malgré l'opportunité affichée de rassembler au delà. Si beaucoup limitent leur réseau à ce qu'il est réellement, d'autres, sur la base de connivences affectives ou de critères subjectifs, dépassent ces frontières et s'ouvrent à d'autres connexions.

C'est le propos de Mark Granovetter (Wikibio), sociologue américain et éminence grise des réseaux sociaux. En 1973 il publie dans le American Journal of Sociology un article nommé The Strength of Weak Ties, la force des liens faibles. Sa théorie repose sur le paradigme suivant : dans mon réseau de connaissance, j'entretiens à la fois des liens forts (famille, amis, collègues) et des liens faibles (ancien camarade de classe, connaissance lointaine voire inconnue, relations sporadiques). Ce sont ces liens faibles qui m'apportent le plus en terme de capital social, par leur propension à partager des informations, des débats et une culture qui sortent de mon ordinaire alors que ces mêmes liens forts me ressemblent plus et ont tendances à partager avec moi sur des sujets auxquels je suis déjà très sensible et coutumier. Plus disparate, ce réseau de liens faibles joue de ses différences qui mises bout à bout se complètent.

Et pour conclure ? Je doute d'avoir réussi à vous éclairer sur, d'une, LA phrase et de deux les usages qui sont fait des réseaux sociaux en particulier et des plateforme de partage en général. On constate néanmoins que l'idée d'ubiquité digitale s'applique autant aux informations partagées qu'à leurs auteurs et que l'inter-connexion de réseau qu'est l'Internet nous permet chaque jour de prendre la tangente pour s'éloigner un peu de l'asymptote masse médiatique. A chacun alors de cultiver ses liens et de diversifier ses lectures.

Les outils sont là, les participants aussi.

2009juin14

Soupe d'ananas, fraises et menthe fraîche

Les intitulés des plats, entrées ou autres desserts sur les menus sont parfois un tantinet capilotractés. Le lecteur avisé (ou lectrice) qui rôde en ces lieux aura noté que je n'ai pas succombé à la facilité d'un poil capilotracté. Exigence de soi ou respect des autres, peu importe. L'idée n'est pas de détourner le propos de son sujet. Et du sujet, il est justement question, de sa vacuité en outre. L'important ici c'est l'occasion qui m'est offerte d'en faire un billet. Mais court hein !!

©Mathis Rekowski

Pourquoi cette illustration, pourquoi ce titre aussi méconnu que son auteur ? Pourquoi ce dessert ? Pourquoi cette anaphore ?

L'idée, c'est le patchwork. Un patchwork de goûts, de couleurs et d'images à l'instar de ce blog en digression permanente. De là à s'octroyer la préséance sur le reste, il n'y avait qu'un pas. La bonne fée verte, montée de ses résilles, m'aurait-elle joué un tour ?

Illustration par Mathis Rekowski

2009mai26

As you wish!

2009fév. 1

1972-2009

En 1972, Timmy Thomas chante Why Can't We Live Together et l'Amérique toute entière s'éprend de ce titre passionné et soulful.

Quelques 37 années plus tard, rien n'a vraiment changé.

reve.jpg

Tout le monde semble encore se demander pourquoi le monde ne tourne pas rond, lui qui l'est tant, pourquoi des guerres business fardées de mensonges avoués sont totalement pardonnées, pourquoi la course au profit sans foi ni loi reste impunie quand d'autres font de la prison pour avoir blasphémé une royauté, pourquoi le fossé se creuse inexorablement entre riches et pauvres, [...], pourquoi ?

Autant de sujets qu'on pourrait croire si différents mais le sont-ils vraiment ?

2008déc.17

Zeitgeist

Pour préparer vos bonnes résolutions de l'année à venir, un petit rappel de Zeitgeist, ce film documentaire sur l'esprit du temps assez éclairant et qui donne matière à réflexion.

D'autres se sont déjà aventurés dans les méandres du conspirationnisme (barbarisme ?) sans grand succès, avouons-le. Pour ma part, j'aime bien l'approche méthodologique de Peter Joseph, l'auteur de Zeitgeist, sur la question des mythes qui régissent pour beaucoup nos modes de vie. Rien de nouveau. Pour ceux qui me connaissent, vous comprendrez aisément que certains des messages portés par le film me parlent. Par exemple, notre société du divertissement qui, comme j'aime parfois à le dire, ressemble à s'y méprendre à ce que Juvénal nommait Du pain et des jeux dans la Rome antique et dont l'objectif était ni plus ni moins d'abrutir de divertir le peuple pour lui faire oublier le temps d'un instant sa misérable vie.

Très bonne année!

2008nov.16

Procrastination

C'est la crise. Et pendant ce temps, je m'épanche comme une merde sur mon blog, à répandre ici et là mes idées vénéneuses. Inconscient ! Égoïste ! Je ne mérite décidément pas mes fidèles lecteurs, sur les doigts d'une main. A peine plus.
L'interactivité a du bon. On s'y fait vite. Très vite même. Quand ça capote, ça vous manque. Quand ça ne vient pas aussi. Les idées, les mots et...le gros son. J'ai beaucoup pensé ces derniers temps à mettre en pause HNH. D'une, je constate amèrement ne pas prendre le temps nécessaire à sa bonne tenue. Et de deux, je souhaite consacrer ce temps dont on dit qu'il est cher à un autre projet, autrement plus musical, une radio !
Certes, je ne suis pas le seul à avoir déjà eu cette idée formidable. Mais qu'importe, on s'éloigne, on se rapproche. On croit prendre de la distance mais bien au contraire, on cristallise. C'est comme ça que m'est venue cette idée, comme une évidence. En faisant une nouvelle pause sur mon écriture. Parce que je n'avais pas grand chose à dire, parce que je ne savais plus comment les dire et parce que mon humeur ne s'y prêtait guère. Ce temps est révolu, jusqu'à la prochaine fois, promis !

2008mai18

Stop motion + wall painting = MUTO

Blu, un artiste mural dont on peut désormais mesurer le talent et la folie créatrice, nous montre son travail, une ambiguous animation du nom de MUTO réalisée entre Buenos Aires et Baden.

Magnifique, dérangé et au bas mot respectable tant l'oeuvre semble titanesque. Sans trucage donc, avec les imperfections du support pour vérité et ces couches de dessins qui s'empilent pour mieux s'animer. A l'instar du photo-film La Jetée de Chris Marker, la piste audio nous plonge radicalement dans le ton du film. Conceptuel !

2008avr.23

Rebonds

Parfois j'en ai envie. Souvent même. De rebondir, mais aussi d'arrêter. Disons que je pratique l'alternance, à ma manière. Ça se voit non ? du coup, je me suis mis à regarder un peu plus en détail les statistiques de ce blog. En un mot comme en cent, ça ne se bouscule pas au portillon.

Quoi que !

Notre meilleure ami à tous, Google, connaît bien ce site. Il y passe du moins, comme vous ;) Du coup, quand on me cherche on me trouve mais quand on ne me cherche pas aussi. Et de constater les limites de ce qu'on peut appeler le référencement naturel. Cuizinier, Yelle et TTC est le billet le plus consulté de mon blog. Cet afflux de lecteurs est la conséquence d'un grand intérêt que portent les internaute aux aventures de Cuizinier et Yelle où je figure en bonne position pour légitimer le fait qu'on vienne faire un tour ici bas. Si si ! Reste que ces nouveaux amis ne font que rebondir sur ce billet de haut vol ne profitant ainsi pas de la richesse so hype (or not) de mon œuvre, ce blog. Du gâchis, je vous dis.

Une note d'espoir tout de même. Je participe, modestement, à la notoriété naissante du groupe Soko dont je faisais l'article en novembre 2007.

Alors maintenant, cher lecteur de passage, fais un effort et reste un peu vagabonder ici et là avant de repartir comme un voleurs qui serait tombé dans un guet-apens. A moi de rebondir maintenant, de retrouver l'inspiration, le temps et mes mots. Toi, tu restes !

2008avr.16

Oh my...

dgwebsite2.jpg
Source : The Cool Hunter

2008avr. 1

Wunderbach

Grâce à toi, ma chérie, je me sens à nouveau beau. Pour moi, car je me regarde beaucoup mais pour les autres aussi. D'un geste tu as su faire plier la perfide Albion et me redonner de cet amour qui me manquait depuis que cette salope d'Angela n'aime pas qu'on lui parle comme à une copine de foire. D'un sens, ce n'est qu'un juste retour des choses car nos efforts comme les leurs ont su consolider cette nouvelle et formidable amitié d'intérêt.

Ah, que tu es belle. Toi, mon trophée, moi, le tien. Pour combien de temps encore (24 ou 12 mois l'engagement ?) ? C'est ça aussi l'amour, de se donner l'un à l'autre. Des sacrifices !

wunderbach.jpg

Oui, mais tout cela n'a pas été sans peine. Se fader l'intégral de Saga pour ne faire aucun faux pas, me tuner comme Jackie, laisser mes talons au placard moi qui ai de si belles jambes. Tout ça pour toi.

J'aime pourtant quand tu me fais passer pour ta pupute en me déshabillant pour réchauffer ces messieurs dans l'audience. Tu as toujours été si moderne, mon macho man.

C'était vraiment un joli voyage. La richesse est une chose, et j'en sais quelque chose, mais pourvoir pénétrer l'antre du bling-bling clinquant monarchique, c'est toucher à un rêve de princesse. Et c'est grâce à toi. Puis on a vraiment eu de la chance, plus c'est gros, plus ça passe et du coup personne n'a vu qu'on était comme des poisson dans l'eau (et moi dans mon bocal).

Je t'embrasse. Reste beau, si tu le peux.

2007déc. 4

Curseur

En ces jours de disette où le pouvoir d'achat fait recette dans les médias, il est bon de rappeler que nous, petits français, ne sommes pas les plus mal lotis dans ce vaste (et pauvre) monde. Vous voulez comparer ?

Le site Global Rich List, dont la vocation humanitaire s'affiche fierement avc ses multiples incitations au don, vous propose justement d'évaluer votre solvabilité mondiale. Vous rentrez votre salaire annuel et ça vous donne votre classement.

Global Rich List

Avec un salaire annuel moyen évalué à 23 000 € net, les français se placent dans les 7,79% les plus riches du monde. Une belle place au soleil dans ce classement qui l'air de rien tire ses conclusions des chifres et publications de la banque mondiale.

Qu'en tirer comme conclusion ? Pas grand chose, juste une prise de conscience qui vous poke derrière l'oreille.

Puis, c'était l'occasion ou jamais de vous offrir l'écoute de ce titre très drôle et attachant de Pamelo Mounk'a qui n'en manque pas une pour remettre tout le monde à sa place.

PS: Et vous, quel est votre classement ?

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