
Keyword - Tilt
2010oct.17
Tempus Fugit
22:10 - Denis
Les jours passent et ne se ressemblent guère. Parfois. Demain et lendemains, sans queue ni tête, formant à l'infini la ribambelle des possibles. L'idée est féconde et creuse son nid. C'est qu'elle y va de son petit air nonchalant, tour à tour volage et pernicieuse, quand elle ne vous en joue pas un. La ribambelle des jours, des semaines. Des mois et des années. Qui passent, rebondissent. Virevoltent et s'enfuient. Ma perception n'est pas la vôtre. Ni la tienne. Subjectivités, je vous chérie.
Eviter le ressac.
Des années qu'on grave dans sa mémoire, on n'en retient généralement que la quintessence. Filtres d'amour, toujours. Le jeu, la méthode, consiste principalement à mépriser ce qui gêne. Les sélectifs s'en sortent souvent bien, les affectifs font comme ils peuvent et les tgvistes ne loupent jamais leur train, celui qui imprime son mouvement, de l'avant. Ne te retourne surtout pas.

Ne pas avancer, c'est reculer
Aporie du pauvre s'il en est, la réalité sonne et résonne de toutes ses cordes quand elle trace ces chemins qu'on traverse. Present perfect encore et toujours. Le repli est autant dans la projection de soi que dans l'anachronisme des sentiments. Car elle n'existe pas, cette Réalité. Elle n'est que l'essence conjuguée d'un millier d'artefacts trébuchants qui me parlent et m'évoquent autant que je lui souffle et l'inspire. J'y suis, je n'y reste pas bien longtemps mais juste un temps, celui de la percevoir comme l'immuable en mouvement perpétuel.
Les jours passent et ne se ressemblent guère. Accoudé à ma fenêtre, contemplatif, je n'ai pas bougé d'un iota mais je nierai sous la torture n'avoir pas changé.
Tempus fugit
Annexes
2010mai 9
Spéculation
14:59 - Denis
On se souvient tous de cette chère grippe H1N1 qui devait nous terrasser les uns après les autres. C'était il y a peu, c'était l'angoisse. Et une mesure d'urgence par-ci et un plan mondial de refourgue de vaccins vaccination par-là. Mais d'H1N1 il n'a pas toujours été question. Grippe mexicaine puis grippe porcine, on a pu suivre l'évolution chaotique du nom qu'on donnait alors au mal incarné et qui faisait les gros titres des médias. Grouik !
L'histoire ne se répète pas, elle bégaie.[1]

En fil rouge, la crise. Pardon, LA crise et sa corollaire grecque. Celle qui dure. Celle qui cautionne les régressions de tout sur tout. Pour rien ou si peu de bénéfices. Mutante et répliquante, capable de s'adapter comme son hôte (i.e. le Capitalisme) et de se nourrir des incohérences qui l'anime. Les inégalités source de progrès ? Mais quel progrès ? De qui, de quoi ? Pour qui ?
Pourtant, c'est sympa la Grèce. Ensoleillement garanti sur facture, tomates goûteuses et...tous les poncifs habituels. Elle se voit depuis peu affublée d'un préfixe dont elle se serait bien passée. La question qui m'occupe l'esprit c'est, à l'instar de cette chère grippe, quel sera le prochain nom de LA crise ? Peu de chance qu'elle reste grecque longtemps. Le terme sera plus technique ou plus abstrait encore, impalpable. La crise des marchés peut-être. Figure religieuse d'une entité qu'on nomme mais qu'on ne saisit pas, omnipotente et autonome. Un terrain de jeu et d'expérimentation en tout genre. Spin Off européen d'un mal argentin qui commence à tous nous taper sur le système. Littéralement et socialement.
Et si elle finissait par prende le nom et la forme d'une crise humanitaire[2] ?
Simple spéculation, sans conséquence...
Notes
[1] Phrase attribuée à Karl Marx
[2] La définition Wikipédia : Une crise humanitaire est une situation dans laquelle la vie d'un grand nombre de personnes est menacée, et la mise en œuvre de moyens extraordinaires, dépassant ceux de l'aide humanitaire classique, est nécessaire pour éviter une catastrophe ou au moins en limiter les conséquences.
2010avr.23
Les promesses...
01:41 - Denis
...c'est comme les toujours, comme les jamais. Ça n'engage à pas grand chose mais la grandiloquence coutumière qui les accompagne les fait résonner pour un temps. Longtemps. Après, on s'entiche des mots qu'on a proférés comme ça, un peu légèrement. On les conjugue à souhait. On se dit qu'à raison ils avaient leur place dans ce foutra de conjectures trébuchantes. A raison, tout juste. De toutes manières, y repenser n'apporte que bien rarement son lot de consolation. De satisfactions. C'est fait, c'est fait. Les regrets n'ont jamais fait avancer celui qui s'y attarde. Les ranger dans un coin de sa tête, oui. Les mépriser comme les nier, non.
Parfois pour le mieux. Et beau, comme ces moments riches d'une plénitude qu'on croirait volée. Empruntée. Que nous sommes quand l'expression se fait reine et que la Terre même n'ose à peine respirer, retenue puis débridée exprimant tour à tour l'élan incertain mais soutenu d'un instant fuyant, impalpable. Se projeter loin, loin c'est aussi se construire une image de soi. Détachée des aléas que l'infortune brasse mais si bien ancrée dans le rêve éveillé qu'animent les foules. Je l'ai souhaité plus d'une fois. Ardemment. A l'accoutumée aussi, ne me délassant pas de ses bras accueillants qui savent porter les bons mots à la bonne oreille. Ne dit-t-on pas que les promesses n'engagent que ceux qui les croient ? Adage éculé entre tous, sa corolaire politique a cela d'abjecte qu'elle formule le jeu de pouvoir des uns sur les autres. De ceux qui savent exprimer leurs certitudes avec la magnificence de circonstance pour empocher les convictions du plus grand nombre. Hors-sujet.
J'en suis avare. Il y a bien celle-là oui. A peine trahie une, ou deux. En musique elle est si belle. Mais la dire, surtout. Un souvenir prégnant, mélange de parfums crasses, qu'on n'oublie pas et qui se rappellent à nous quand la garde se fait basse De ceux qui transpirent malgré vous de tout l'être qu'on essaye d'être. Devenir. De ceux encore qui nous empêchent d'être totalement libre. Prisonnier volontaire épris d'une idée qu'on a pas tout à fait par hasard placée au dessus de tout. de toutes considérations. Ne pas avancer, ça n'est pas reculer. Les regrets toujours.
Et je n'arrive pas à l'exprimer par le sujet, le verbe et le complément. Des phrases quoi. Intelligibles. Comme à l'étroit. Pourtant ça fourmille, ça plussoie, ça veut sortir. Peut-être l'exercice est-il lui-même faussé.
A l'évidence, peux mieux faire. Promis !!
Annexes
2009déc.24
Papa (Noël) was a rolling stone
17:49 - Denis
C'est l'heure de Noël et comment résister à la tentation[1] de vous offrir un zoli cadeau ? Bien sûr, il eût été facile de flirter avec les chants du même nom ou encore de faire vœux de trêve pour que le monde respire un peu, le temps d'une bûche, avant de s'y prendre les pieds, encore et encore.

Noël, c'est rarement l'occasion de sortir des sentiers battus. Bien au contraire. En rien subversive, je savoure tout de même l'idée d'avoir déniché ces deux covers d'un titre ô combien légendaire. Un rien de classicisme et une pincée de reprise (pas économique, quoi que ?!).
Ok, The Temptations[2] est un grand groupe. Énorme même. Reste que Wikipédia n'évoque même pas la version des Pioneers dans sa section Notable covers and remixes de la notule sur Papa Was a Rollin' Stone. Un comble. L'écoute rend cette assertion plus que crédible et s'il faut bien avouer que l'interprétation de Bill Wolfer sonne parfois trop synthétique, je plaide néanmoins non coupable car après tout, c'est l'intention qui compte. La mienne comme celles de ces deux covers bien inspirées qui m'ont fourni un prétexte en or pour affubler le père noël d'un titre dont il se serait bien passé et vous offrir ces deux versions incomparables à tout point de vue.
Bon réveillon, joyeux noël et bonne écoute.
Moi, j'ai une page Wikipédia à modifier :o)
2009nov.28
I Heart my Art
00:37 - Denis
Avoir son train de retard a du bon parfois. C'est toujours l'occasion de crapahuter ici et là, à la recherche d'un peu d'inspiration. Qui sait, le temps d'attendre le prochain (train). Et de prendre un peu de recul sur ce monde de l'immédiateté, toujours plus vite, remixant jusqu'à plus rien ses artéfacts éphémères. Faut-il y voir une vertu ? Rien n'est moins sûr. Le bien, le mal ou encore le mieux n'ont pas grand chose à voir dans cette affaire. Juste qu'en l'espace de quelques années, ce qui semblait être le média du renouveau créatif a pu (ou su) se transformer en un hub immense répétant à l'infini ce qui se digère encore le mieux de nos jours : le pré-mâché. Eurk!!!

Est-ce le propos de Hugh MacLeod dans son cartoon History Of My Blog déjà présenté en 2007 et mis au goût du jour comme pour affirmer un peu plus l'inéluctabilité du processus. Pas vraiment. Si les médias traditionnels se concentrent encore et toujours, il n'en va pas de même sur l'Internet où la nature a encore plus peur du vide, voyant naître de nouvelles initiatives, alternatives, dès qu'un site historiquement prescripteur rejoint l'escarcelle des régisseurs de blogs et autres consortium mass-médiatique.
Pourquoi une telle évolution alors ? Juste les blogs ? Naïvement, je dirais que le blog en tant que média naît de l'envie de son auteur de partager ses expériences, passions ou expertises. D'échanger aussi. Naïvement, car certains ne sont bien sûr que le fruit opportuniste d'une étude de marché bien calibrée. A la niche !

L'usure peut-être ? L'esthétisme du centre, l'appel de l'asymptote ? Le conformisme galopant ?
Qu'importe ! En 2001, les deux anglaises de Robots In Disguise chante DIY, hymne à la création, à cette génération des possibles qu'elles incarnent et qui s'amuse des outils que l'époque met à leur disposition. (R)évolution permanente, cercles vertueux d'une mondialisation positive se nourrissant de l'Internet autant qu'elle en est l'expression.
I ♥ my art
Sans prétention, aucune. Juste l'affirmation d'un amateurisme professionnel, d'un professionnalisme dilatante. Parti pris. Hype Not Hype est né en 2007, de ce besoin d'exprimer par l'indécence parfois, la poésie rarement, les mots tout simplement, mes pensées furtives comme mes sentiments enfouis, mes grognes aussi. En musique, toujours. Do It Yourself
pour les accents de sincérité, les excès de soi, conjugués.
Année une, objectif lune.
Année deux, c'est mieux :)
Année trois, on verra !
Annexes
2009nov.15
Je ne suis pas un bisounours
17:57 - Denis
Y a pas à dire, on vit une époque formidable. Par ses fossés qu'elle nourrit sans les combler, par sa capacité à absorber les petites comme les grandes secousses, sourcillant à peine du coin de l'œil, une larme pour à l'occasion. Par souci de contradiction aussi, pour relever un peu le dark level de ce blog qui à ses heures confine au larmoyant. Par essence car enfin, vivre l'époque, c'est vivre pour demain, par hier et dès à présent.
J'y crois. Ontologiquement, plus que de raison. D'ailleurs, que viendrait-elle faire ici celle-là ? Comme toujours, elle n'échappe pas à la règle de l'emmerdement maximum et vient placer son grain de poivre qui enrhume mon esprit, sûr qu'il est de sa rhétorique implacable. Par quatre chemins, ça bouillonne. Marchons un moment, je t'expliquerai pourquoi je ne suis pas un bisounours
.
Quatre, deux !!

La gentillesse serait de retour. Accompagnée de ses copines générosité, solidarité et bienveillance. Comme valeur à défendre, à confesser voire à glorifier. Je dis bien serait
. C'est le discours ambiant qui semble être porté en Europe depuis début 2009 et que, nécessité fait souvent loi, la crise a d'autant plus révélé. Ici encore, contradiction. Si la photo ci-dessus ne plaide pas vraiment en la faveur de mon propos énoncé en titre, il en va de même des Chacun pour soi et dieu pour tous
et autres faites ce que je dis, pas ce que je fais
qui ne m'ont pas semblé perdre de terrain, quand bien même la garde de l'individualisme à tout crin serait baissée.
Provocation aussi. C'est mignon, signifiant et mièvre à l'envie. Et si l'écrin musical offert par François de Roubaix en accompagnement de ces quelques mots me plonge l'espace d'un instant dans un monde guimauve gris-mauve fantasmatique et tout en rondeur où les autres sont autant de moi mais différents de ma personne, meilleurs et portés vers une aspiration au meilleur, devrais-je pour autant m'en laisser convaincre et sortir de ma torpeur ? Le doute m'assaille. J'ai peur que cet espace autant que cet instant ne soient qu'éphémères, leurs beautés en témoignent.
Mon éloge de la légèreté.
Une assertion bancale plus tard, je n'ai pas résolu la contradiction qui en était l'essence. Affirmer ne pas être, c'est déjà considérer l'être qu'on n'est pas. Et après ? On change de titre, la gravitation fait son boulot et la précarité des land of make believe rejaillit de plus belle.
Et toi, c'était comment ta journée nationale de la gentillesse ?
Annexes
2009sept. 5
Elections Run by Same Guys Who Sell Toothpaste
00:03 - Denis
Un travail très intéressant réalisé par Joel Cocks dans le cadre du projet Degree Show Project
et qui met en œuvre une série d'affiches composées d'images superposées, transparentes et saturées en couleur.
L'original étant souvent mieux que la copie, voici expliqué le propos de ce projet :
“Elections are run by the same guys that sell toothpaste” (Chomsky, 2005).
This project is a critical examination of the contemporary election campaign. It explores the role that the public relations industry, political consultancy firms and the media play in shaping the public perceptions of political candidates.

Une manière bien originale de porter le discours de Noam Chomsky et magnifiée par la finesse et l'originalité des compositions de Joel Cocks nominé pour l'occasion à la finale du Designers Institute of NewZealand Best Design Awards 2009
.

Pendant ce temps, Sarah Jones se délie et balance sur ses petits amis du milieu, posant avec génie son spoken-words sur une instru bien vue de Dj Vadim. De quoi mettre tout le monde d'accord, de Gill Scott Heron à Ani DiFranco.
Mélange des genres ? Assurément !! Assumé.
2009août23
Sophismes au coeur
18:01 - Denis
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Le cœur à peine à l'ouvrage, me laissant glisser paisiblement dans les tréfonds d'un sommeil salvateur. Longtemps déjà. C'est depuis si j'ai vu grandir ma peine à l'idée de m'endormir, affrontant ses battements sourds et résonnants. Communication rompue.
Tu n'as pas toujours été un mystère pour moi.
J'ai pensé te connaître. Te mépriser pour ce que tu ne voulais pas être, t'aimer plus fort pour ce que j'avais pu voir en toi, dans ton ipséité la plus sincère. Moments de faiblesse, la garde n'est pas toujours haute quand on se rapproche. Parfois je n'ai pas voulu te connaître, préférant tes parfums à ton étreinte. Parfois encore, tu n'étais qu'un mirage, vision fantasmatique et insaisissable d'une femme photo-réaliste.
Tu es multiple, équivoque pour me plaire quand d'autres s'allongent pour un rien. Tu es sublime, malgré toi et tes façons d'en découdre avec les autres. Tu n'es pas mon genre mais d'un genre qui me plaît. Tu es froide et cruelle quand ton petit monde s'écroule. Tu es moi quand je m'en éloigne. Tu es toi quand on s'en approche.
La confusion dans la clarté.
Je t'ai mille fois croisée. On ne s'est pas souvent croisés. L'histoire ne se raconte pas, elle se vit. La destination elle-même n'ayant que peu d'importance tant c'est le voyage qui compte. Je ne t'oublierai jamais. Tu m'oublieras certainement. Pas toi, je le sais.
Quant à moi, à nous, Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
A bientôt, mon cœur.
Annexes
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